Manuel Rodriguez : Le jeu de la toupie tel que nous le pratiquions dans le faubourg 01
Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
Nous achetions les toupies dans les bazars de la ville : chez Puidebat, chez Ferouillat (orthographe ?) ou ailleurs. Elles avaient, toutes, la forme d'une petite poire , la partie pointue se terminant par un clou de deux centimètres environ de long, car nous aimions voir la toupie sauter en tournant sur elle-même et nous verrons ci-dessous que l'opération avait un tout autre but, moins amusant celui-là..
Autre chose qui ne nous plaisait pas, c'était ce petit chapeau décoratif sur le sommet. Armé de notre petit canif, nous nous acharnions à le faire disparaître au plus vite, afin de laisser bien lisse le sommet de l'objet...
La toupie tournait ainsi plus vite paraît-il. Les Anciens nous racontaient que lorsqu'un joueur non averti, innocent, arrivait avec une toupie dotée du ridicule clou d'usine et de son petit chapeau, on saisissait l'objet et on le jetait sur le toit.
De mon temps, cette punition n'avait plus déjà cours On recommandait tout de même fortement au copain de remédier à ces anomalies. On ne plaisantait pas avec la... coutume. Nous prenions ensuite un bout de ficelle de quelques dizaines de centimètres dont un bout était attaché à une pièce de monnaie trouée, par exemple. C'est ce que nous appelions "la liance" du mot espagnol "lianza" parce qu'elle servait à enrouler la toupie. La pièce de monnaie coincée au-dessus de l'index et du majeur joints, nous enroulions alors le jouet en partant du clou jusqu'au sommet par cercles successifs. tsvp